Concous d’architecture bibliothèque de pierrefonds

Fiche Technique

Architectes en consortium : Atelier Big City, Fichten Soiferman et Associés, L'OEUF
Ingénieurs en mécanique-électricité : Pageau Morel et Associés
Ingénieur civil : Vinci Consultants
Design graphique : Atelier Pastille Rose
Consultant en éclairage naturel : CS Design

Voir le site du concours ici.

La communauté de Pierrefonds-Roxboro est déjà en évolution rapide et tout indique qu’elle évoluera encore davantage et nécessairement, elle se transformera. La nouvelle bibliothèque, aux installations saisissantes, ouvrira la voie à ce changement dynamique.

La nature, dans toutes ses composantes de même que les structures sociales sont dynamiques. Elles subissent le rythme des changements et des successions. La théorie de la « mosaïque dynamique » des écosystèmes réfère à l’utilisation efficace des ressources par tout élément pour son développement écologique et son épanouissement. Cette théorie explique aussi que l’aménagement du territoire de l’homme se développe tel un organisme vivant, et qu’ainsi, la transformation des villes autant que celle des forêts prend une forme fractale. Toute communauté est composée de plusieurs petites communautés, tout espace de plusieurs petits espaces, tout écosystème de plusieurs petits écosystèmes. Toute forêt est composée de bosquets, de clairières, de la canopée et du sol de la forêt, autant de petits écosystèmes en soi, de pièces d’une mosaïque, similaires entre eux à travers leurs diverses échelles.

Nous avons interprété votre ville, votre quadrilatère, votre site, votre bâtiment projeté, tous ses espaces et ses fonctions, sous cet angle d’une « mosaïque dynamique », un incubateur naturel d’idées, à l’oeuvre à toutes les échelles.

Le projet de la bibliothèque absorbe et projette ce principe naturel de transformation, donnant l’occasion de consolider l’identité publique du site et de développer un espace civique, novateur et digne de ce nom. La bibliothèque sera adaptable, d’une infrastructure versatile et flexible, ses différents espaces à usages variés et dynamiques. Nous vous avons conçu un espace profondément public, propice aux usages et installations multiples, un lieu évolutif et productif, un maillage entre les activités de bibliothèque, parc, et processus naturels. Nous avons déjà abordé la complexité thématique du projet par un processus de design intégré interne, en travaillant, dès le début, avec un ingénieur en mécanique, un biologiste, un architecte paysagiste, un ingénieur civil, un spécialiste en éclairage naturel et artificiel et un graphiste.

Par une planification audacieuse, la bibliothèque s’ouvre vers le coeur du quadrilatère civique, utilisant des transparences pour fin d’intégration, laissant pénétrer le Parc du Millénaire vers les deux cours centrales.

Un passage aérien relie la forêt avec le jardin Richmond, et le paysage regorge d’arbre et de buissons fertiles, vecteurs de pollinisation et de renouvellement, un paysage comestible accessible par tous.

Le site, en extension de l’empreinte du nouvel édifice, intègre le cadre environnant dans son champ productif. Selon nous, l’oeuvre d’art peut se trouver dans le paysage productif immédiat, avec les thématiques de « mosaïque dynamique » et « nature productif’: une oeuvre vivante, transformative, mais permanente.

Le paysage pénètre chaque façade de la bibliothèque au moyen de cours aménagées au nord, au sud, à l’est et à l’ouest. Ces cours ponctuent les extrémités de l’agora déployée en axes perpendiculaires, articulant les 4 pôles vitaux identifiés au programme : les biotopes de création, de formation, de socialisation et de ‘gamification’. Ainsi, l’agora, à la fois focale et étendue, génère des interactions complexes et désirables. Les espaces dédiés aux enfants et aux adultes sont distribués de part et d’autre d’une diagonale à l’intersection des deux axes tandis que les aires aménagées pour les adolescents sont perchées au-dessus de ce carrefour, juste un peu à l’écart, prolongeant de ce fait l’agora vers le haut.

Instrument d’interaction civique, le rez-de-chaussée, est dégagé et devient un grand espace hyper-flexible, à aire ouverte, évoquant une structure libre et naturelle, un écosystème en transformation. Les espaces à bureaux sont soulevés au-dessus de la zone des adolescents, ceux du DCSLDS au dessus des bureaux. Le tout est recouvert d’un jardin terrasse sur le toit, un ornement brillant de vert, situé au sommet de l’agora et à l’extrémité d’un ruban ascendant, parsemé de jardins et qui s’étirent de l’hôtel de ville jusqu’à l’étage le plus élevé de la bibliothèque. La transparence et la perméabilité du rez-de-chaussée sont donc rendues possibles en soulevant ces éléments du programme dans une petite tour, qui devient en même temps un signal civique, offrant des vues sur l’ensemble du site.

Selon le principe d’une efficacité naturelle de réutilisation des ressources, nous recyclons le squelette structural de l’édifice existant, réinterprétant sa géométrie et la grammaire qui le compose. Le maillage du nouvel édifice avec la structure existante résulte en une organisation spatiale compréhensible pour l’ensemble du site. Le bâtiment devient un creuset pour l’interaction des forces naturelles, structuré par les matériaux acier et bois.

Le bâtiment se distinguera par diverses particularités techniques : une enveloppe durable, robuste et performante, un rendement énergétique inspiré des concepts passifs les plus rigoureux, un choix de systèmes privilégiant une simplicité d’opération et d’entretien à long terme et une qualité de l’air exemplaire, tempéré par la forêt et la terre. De l’intérieur de la bibliothèque, l’accès à la lumière et au paysage omniprésent sera privilégié; la lumière générant l’énergie autant qu’elle anime l’esprit.

Conçue pour les générations futures, pour un monde que nous ne pouvons que prédire, cette bibliothèque est conçue d’abord pour les gens. Un lieu aussi bien destiné à la simple communion avec les autres, en personne, en temps et en espace réels, qu’aux activités participatives, co-créatives, et éventuellement économiques. C’est un lieu où les bibliothécaires n’exigeront plus le silence et deviendront des facilitateurs aidant à changer leur communauté, un talent à la fois, un lieu où tous pourront créer, car chaque créateur et chaque création est tel un livre à lire, une idée à transmettre.

Ce tiers lieu hébergera une communauté qui continue à se bâtir et à apprendre sur elle-même. Cet apprentissage sera perturbateur et au début, nous ne le reconnaîtrons pas. L’information de tous types, se présentera sous toutes formes et tailles, mais il y aura surtout des espaces pour déambuler, parler, réfléchir manipuler et, bien entendu, lire. L’agora dynamique, les cours paysagées, les espaces entre les zones programmées, seront des lieux d’expérimentations, des espaces fertiles au développement de nouvelles idées.

Dans ce lieu, les bibliothécaires auront vu le futur du savoir, qui est non seulement dans les technologies numériques, mais aussi dans la fabrication de tout type, avec les imprimantes tridimensionnelles, le découpage au laser, les fers à souder, les outils électriques pour déconstruire les appareils ménagers, les instruments de musique, les laboratoires pour prototypes et de l’aide. C’est une bibliothèque intelligente, avec surfaces interactives en plusieurs endroits, un écosystème pour le vivre-ensemble, et pour le faire ensemble. Une bibliothèque où a été considéré le besoin de développer, véhiculer et transmettre le savoir et la culture dans toutes ses formes.

C’est une bibliothèque où a été considéré le besoin de supporter les activités civiques, les partenariats avec la communauté tels les OBNL, les ONG, les groupes artistiques et culturels, les centres d’emplois, les laboratoires d’idées sur les politiques publiques et tout organisme communautaire nécessitant un espace simple et accessible.

Finalement, c’est une bibliothèque où a été considéré le besoin de supporter un égard créatif et joyeux pour le naturel, d’un besoin simple pour le bonheur, le soleil, l’air, la verdure, les vues, et un sentiment d’appartenance à l’intérieur autant qu’à l’extérieur de ses murs. Tel un nouveau catalyseur social, la bibliothèque de Pierrefonds contribuera à concrétiser l’engagement responsable, optimiste et même visionnaire d’une communauté envers ses générations futures.