Résidence Dunham

Fiche Technique

Emplacement : Dunham, QC
Client : Naomi Pearl & Ron Silverman
Superficie : 2100 pieds carrés
Entrepeneur général : Emile Sadaka (gérant de projet)
Ingénieur en structure : Jan Vrana
Date de livraison : juin 2000
Prix et mentions : Mention, Prix d'excellence de l'OAQ, 1996

À l’est de Montréal, la municipalité de Dunham offre un paysage vallonné parsemé de nombreux vergers et vignobles et jouit d’un microclimat modéré, une condition exceptionnelle dans la province de Québec. En 1998, L’OEUF a été approché pour la conception d’une nouvelle résidence pour un couple nouvellement marié qui désirait abandonner la vie urbaine pour une ferme organique à la campagne. Au milieu d’un paysage boisé et plat, le terrain de 27 acres présente une vue spectaculaire et prend appui à proximité d’une forêt dense. Dû à la localisation rurale de la maison, le couple a exprimé son désir d’habiter une construction auto-suffisante et qui répondrait adéquatement à certaines normes d’efficacité énergétique. Le programme devait accommoder un bureau, une salle de jeu et des espaces communs d’une grande fluidité spatiale afin de mettre en relation chacun des lieux de vie de la maison. En réponse à ses exigences, la maison est installée au sommet d’une petite butte inclinée vers un plan d’eau de 5 acres et orientée dans l’axe nord-sud. Si le volume est compact (afin de respecter le budget), il est néanmoins taillé avec discernement afin qu’il s’ouvre sur son environnement. Depuis la route, à travers le léger voile des arbres, la vision est retenue par la silhouette des trois toits parallèles sur fond de boisé dense. Les trois volumes emboîtés qu’ils surplombent sont habillés de contreplaqué marin teint et d’un parement de cèdre embouveté posé verticalement. La masse d la maison se compose de trois volumes : « l’ours qui dort », (regroupant les espaces de travail, de lavage, de repos et de cuisine) offre sa face principale au boisé à l’est; la pièce double-hauteur du séjour s’ouvre vers le sud et démontre une volonté d’associer la lumière extérieure à la matière de l’intérieur, d’ajouter la beauté de l’une à la valeur de l’autre; et enfin, le volume d’entrée et de circulation qui se développe sur deux étages agit comme espace liant entre les deux autres « blocs ». En coupe, le plancher du rez-de-chaussée suit la douce pente du site qui elle-même est reproduite à travers les toits. Le concept du plan propose une séquence linéaire d’espaces. L’utilité, réponse au programme, se montre dans les longueurs. Les faisceaux lumineux nourrissent les largeurs. Des repères à peine affirmés articulent la déambulation. Depuis la marquise qui chapeaute l’entrée, on pénètre à l’intérieur, passe sous un escalier d’armature légère en acier (menant aux espaces intimes à l’étage) qui sculpte la lumière provenant de la grande ouverture adjacente, jusqu’au portes doubles qui traduisent la transparence visuelle qui caractérise le parcours. L’abondante fenestration du séjour donne vers le sud avec une vue sur l’étang – le gain solaire en été est contrôlé par des brise-soleil rigoureusement localisés et proportionnés ainsi que par les porte-à-faux des différents toits. Si l’espace double hauteur est le cœur de la vie familiale, il joue aussi différents rôles plus techniques comme collecteur d’énergie solaire, apport de ventilation naturelle dans l’ensemble de la maison et il contient un foyer de bois. Pendant les saisons froides, l’excès de chaleur créé par l’apport solaire et le foyer est directement redistribué dans les différentes pièces de la maison, entraîné par un système de recirculation d’air qui fournit dans la même opération de l’air frais à travers le ventilateur récupérateur de chaleur. Partout où c’était possible, des matériaux écologiques tels que les « panneaux de paille » pour les plafonds et panneaux laminés pour les planchers et armoires dont la composition exclut presqu’entièrement les VOC. La palette finale des matériaux, finitions et détails renfermait différentes essences de bois, représentant ainsi une harmonie entre l’esthétique, la technique et les principes environnementaux. Par exemple, les toits ont successivement été recouverts de ballots de paille, de composte ainsi que d’une mince couche de terre qui permettra non seulement la floraison de végétaux, mais créera aussi une masse thermique qui stabilisera la température intérieure de la maison aussi bien en saison estivale qu’hivernale. En fait, la manière dont fonctionnent les toits est similaire à un toit inversé où tout l’isolant est positionné à l’extérieur de la membrane, permettant ainsi aux « panneaux de paille » des plafonds de flotter (joints ouverts) sous les fermes du toit. L’OEUF tente d’incorporer des aspects environnementaux au design de ses bâtiments, et il a réussi, dans le cas présent, à démontrer la validité économique et les avantages environnmentaux liés à la gestion des pertes, à la réutilisation et au recyclage. La masse composée des balles de foin et du compost qui forment le toit permet de garder la maison chaude pendant l’hiver et fraîche pendant l’été. Lorsque pris en considération dès la phase de design, les coûts qu’un tel toit représente sont minimes, tandis que cela représente un enjeu vital pour l’avenir de la planète quant aux questions relatives à la rétention d’eau et à l’air climatisé.