Écorésidence, MacDonald College

  • Recyclage des fênetres / Recycling of windows

Fiche Technique

Emplacement : Sainte-Anne-de-Bellevue, Quebec
Client : Université McGill, faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement
Superficie : 3600 m2
Coût du projet : 1,5 M$
Ingénieur mécanique : N.G. Lapierre
Ingénieur en structure : Jan Vrana
Entrepreneur général : Construction Bramitek (phase 1) et Gaston Champoux (1973 inc.) (phase 2)
Date de livraison : 09/1998
Prix et mentions : Prix d'excellence de l'OAQ 2000

Fichiers joints

- McGill News
- CMHC/SCHL article (fr)
- CMHC/SCHL article (en)

Le campus MacDonald de l’université McGill est situé à Sainte-Anne-de-Bellevue, au bout de la pointe ouest de l’île de Montréal. Il regroupe une ferme expérimentale, un arboretum et plusieurs bâtiments académiques et résidentiels propres aux employés et étudiants de la faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement. Robertson Terrace est un ensemble de résidences d’étudiants construit entre 1965-67 et composé de 60 appartements d’une ou deux chambres à coucher. La construction originale des bâtiments était robuste: ils étaient conçus avec des planchers sur dalles de béton, des murs porteurs en blocs de béton, des murs extérieurs en briques et blocs de béton et une charpente de toit en bois.

Si le client avait tout d’abord envisagé la démolition de l’ensemble à cause de son état de délabrement avancé, il a toutefois retenu la conclusion de l’étude de faisabilité de l’ŒUF qui proposait le regroupement des appartements à une seule chambre en 40 appartements de deux à six chambres. Au lieu de démolir et de remplacer, l’ŒUF a proposé de recycler et de transformer l’ensemble de résidences afin de loger un groupe de vie écologique et un laboratoire d’habitation novateur et durable, inspiré par des projets semblables situés à Berkeley et Stanford. Cette stratégie a permis de créer des logements pour étudiants abordables, de récupérer la valeur et la résistance thermique et acoustique d’une telle construction incombustible en maçonnerie, de réduire les déchets de démolition et d’éviter la pollution et la consommation des ressources associées à la production de nouveaux matériaux. Enfin, le projet devait être financé uniquement par le loyer potentiel des nouveaux résidants.

Les esquisses tracées pour appuyer l’étude de faisabilité originale ont permis d’établir les principes d’un réaménagement basé sur une vision sensible à l’environnement, incluant la conservation et la rénovation des bâtiments existants, le regroupement des chambres à coucher en de plus grandes unités et la construction d’une nouvelle charpente de toit ainsi que des serres permettant l’utilisation d’énergie solaire passive. Les nouvelles unités regroupent six chambres sur deux étages avec cuisines et séjours communs et sont dotées de serres construites à partir des portes et fenêtres récupérées et restaurées. Plus que des éléments architecturaux représentatifs de la transformation de l’ensemble ou de l’expression formelle des nouvelles unités, les nouvelles serres agissent comme collecteurs d’énergie solaire et participent au préchauffement et à la filtration de l’air frais. Le plan d’ensemble a permis la disposition des espaces communs des unités qui font face à la cour principale avec les chambres orientées vers l’arrière. Le projet comporte plusieurs matériaux et éléments réutilisés de construction ainsi qu’une sélection de matériaux et finis non-toxiques et écologiques. Par exemple, la fenestration existante a été partiellement remplacée, partiellement récupérée, partiellement conservée et restaurée et même partiellement modifiée. Toutes les portes intérieures et extérieures existantes ont été conservées, récupérées ou modifiées. Les débris de maçonnerie ainsi que divers éléments de métal ont été triés et recyclés. Les économies gagnées grâce à la stratégie de rénovation ont permis la réalisation immédiate de l’ensemble du projet incluant dix nouvelles unités de six chambres à coucher et vingt unités légèrement rénovées de deux chambres à coucher ainsi que l’incorporation des infrastructures pour d’autres équipements environnementaux qui pourraient s’ajouter dans l’avenir. Parmi ceux-ci notons par exemple des systèmes de récupération de chaleur, des systèmes de préchauffement solaire de l’eau domestique, de récupération des eaux grises et éventuellement, de traitement des eaux usées écologiques à base de plantes. Le projet démontre le potentiel de la rénovation modeste, sensible et durable d’une construction récente qui répond aux besoins et aux préoccupations environnementales actuelles, et qui permet la réalisation de logements d’étudiants abordables et attrayants. Le projet a été réalisé entre octobre 1997 et septembre 1998 et le coût de la rénovation était approximativement de 35,00 $/pi2.