La maison sous les arbres

Fiche Technique

Emplacement : Sainte-Adèle
Client : M. & Mme Erwin Neumark
Superficie : 2900 pi2
Prix et mentions : Mention en Architecture, 1992, pour la catégorie

Description du projet

  Cette résidence est l’expression même d’une symbiose entre la démarche créatrice de l’architecte et les aspirations du client dans leur amour respectif de la nature. Les chutes de la Rivière aux Mulets près de Ste-Adèle, soit un terrain accidenté de onzes acres, parsemé de vallées encombrées de rochers, une forêt jamais touché par l’homme, tel est le décor qui a inspiré le projet durant les deux années de conception. Tout en concilliant les goûts du client pour la nature et pour l’architecture et la culture japonaise, l’architecte a su créer un lieu de vie à la fois épuré et raffiné. La maison se veut une halte sur le chemin naturel entre le point de pénétration dans la forêt et les chutes. Dans les replis d’un petit vallon, elle s’élève autour d’un jardin naturel qu’elle a préservé dans une cour intérieure, flanquée d’une tour qui allégoriquement la protège. Cette tour est le pivot autour duquel se développe la maison. Véritable mirador, on l’atteint au terme d’une longue passerelle de bois à palliers sillonnant la forêt à partir du stationnement (terminus obligé des voitures et des camions durant le chantier, question de respect pour l’environnement). Le sentier mène à deux escaliers discrètement placés entre des rochers pour nous conduire jusqu’à l’entrée de la maison qui flotte au-dessus du sol (entre 1m et 2m) et nous permettre d’entrevoir en contrebas le jardin de la cour intérieure. Le soir, le dessous de la maison et son jardin éclairés dramatisent l’effet aérien de la construction. La maison s’adapte géométriquement aux arbres et aux massifs rocheux sur lesquels s’appuient les pilotis. Elle repose sur des éléments nonvivants. Seuls deux arbres ont été coupés et le sol n’a pas été remanié; la nature a depuis repris possession des lieux. L’approche, respectueuse de l’environnement et soucieuse des désirs du client, se reflète dans l’élaboration d’un plan simple et fonctionnel des espaces et des activités. S’y intègrent discrètement des éléments à caractère japonais: moulures d’acier peintes en noir autour des panneaux de gypse entre les poutres du plafond du puits de lumière; détails du jointoiement des murs avec les éléments structuraux; cuve dans la salle de bain des maîtres; passerelle de bois surélevée au-dessus de l’ancien sentier d’accès. La nature par un phénomène d’osmose semble habiter l’intérieur tant les arbres et leur feuillage frôlent les fenêtres et de l’extérieur, le verre tel un miroir, renvoie à la forêt son regard presque indiscret. La maison sous les arbres, une présence forte et tranquille, un havre de paix.